Dossier de presse - Vision architecturale et artistique de la prison de Leuze-en-Hainaut

Dossier de presse - Vision architecturale et artistique de la prison de Leuze-en-Hainaut

Mardi 24 juin 2014 — La nouvelle prison de Leuze-en-Hainaut s’inscrit dans le cadre d’un projet global de vie carcérale plus humain, favorisant ainsi la réinsertion des détenus. La conception même du bâtiment a été envisagée sous cet angle de responsabilité sociale. Les architectes et artistes impliqués dans la finalité de ce bâtiment ont mis en perspective un modèle en lien avec les objectifs définis dans le Masterplan Prison.

La prison

La prison de Leuze-en-Hainaut fait partie intégrante des quatre nouvelles prisons construites en Belgique, dans le cadre du Masterplan Prison. Le complexe pénitentiaire de Leuze est composé de 3 parties :

  • le bâtiment d’entrée, réalisé en verre et en métal très lumineux, fonctionne comme une zone d’accueil. A l’étage, on y trouve des bureaux, une salle d’audience, une salle polyvalente et une salle de délibération;
  • le bâtiment des visiteurs, articulé autour d’un patio dont les zones sont particulièrement aérées et conviviales;
  • le bâtiment principal, en forme d’étoile, comprend l’impressionnante zone de contrôle (centre panoptique) et donne sur les 4 ailes du lieu de détention.

 

Un bâtiment durable

Le complexe bénéficie de la certification BREEAM, standard de référence en termes de construction durable. Parmi les mesures environnementales on peut noter entre autres :

  • le choix des matériaux
  • le plan de gestion des déchets
  • l’utilisation de l’eau de pluie
  • l’installation de panneaux solaires
  • l’implantation paysagère
  • l’utilisation d’isolants durables.

 

La lumière et la couleur

Lorsque l’on pénètre dans l’enceinte de la prison, on remarque d’emblée qu’il ne s’agit pas d’un établissement pénitentiaire « banal ». Ce qui frappe, c’est d’une part l’omniprésence de la lumière, l’usage des couleurs et la présence d’œuvres d’art d’autre part.

  • Dans le bâtiment d’entrée et particulièrement à l’étage, les espaces sont aérés et agréables.
  • Dans la partie dédiée aux visites, un travail particulier a été mis en œuvre afin de rendre celles-ci plus conviviales. Ainsi, dans les couloirs de circulation, les entrées de lumière sont rondes et disposées en quinconce. Même si de lourds grillages les renforcent, la lumière naturelle et la légèreté sont de mises, sans parler de la présence généreuse de lanterneaux. La structure transparente de la salle de visite la rend particulièrement ouverte. Un patio et un jardin pour les jeunes enfants agrémentent le tout. Par ailleurs, le sol est recouvert de dessins.
  • Dans le bâtiment principal, la salle panoptique monumentale est, elle aussi, colorée et lumineuse. Ici, la couleur orange, le bois installé au plafond, la lumière douce mais imposante et la remarquable fresque qui ceint ce centre de surveillance, contribuent à rendre l’espace le plus humain possible.

 

Une influence positive sur les détenus

Cet environnement carcéral a été pensé comme moins pesant et plus « ouvert ». Ce qui correspond à une volonté profonde de limiter l’appauvrissement sensoriel des prisonniers durant leur séjour dans cet univers « cloîtré ». Les mesures de réinsertion ne peuvent être mises en place sans une approche complète à envisager dès l’incarcération. Outre leur vie dans leur cellule, les détenus circuleront dans les bâtiments, à travers des axes de circulation courts et ouverts pour rejoindre notamment la salle de sport, les ateliers, etc.

 

Un cadre de travail agréable

Le personnel pénitentiaire n’a bien évidemment pas été oublié. La fluidité et la communication entre les services a été privilégiée. D’une part, pour faciliter les rapports internes et ainsi apporter plus d’ergonomie au sein d’un bâtiment tel que celui-ci. D’autre part, afin de ne pas « infliger » un contexte de travail trop pénible aux quelques 300 personnes qui y travailleront quotidiennement. La lumière omniprésente et les couleurs qui ponctuent l’ensemble des espaces profitera donc au personnel. Au final, la volonté des architectes a été de créer un complexe sobre, lumineux, transparent et fonctionnel. Pari réussi !

 

L’équipe des architectes de DDS & Partners Architects associés au projet

 

  • Dirk Bigaré

Travailler d’une façon créative et professionnelle tout en améliorant l’environnement urbain constitue la raison majeure qui a poussé Dirk Bigaré vers l’architecture lorsqu’il avait 16 ans. Aujourd’hui, son défi est de répondre à l’évolution du marché, de garantir un niveau élevé de services à ses clients et de continuer à les surprendre en innovant et en évoluant au maximum, avec la volonté de fournir un confort meilleur à son public cible. Il s’inspire de l’évolution des grandes villes du monde entier et prend un plaisir particulier à travailler sur des projets mêlant construction et rénovation. Dirk Bigaré continue d’apprendre, jour après jour, et considère « le fait de créer de la valeur à travers ses projets architecturaux comme essentiel ». Ses atouts ? Son esprit d’équipe, son ouverture au changement, son empathie sur le plan commercial, mais aussi son ambition à s’engager dans des tâches complexes. Selon lui, l’expertise et les idées d’équipe telles que celles de DDS ont de beaux jours devant elles.

 

  • Christian Sibilde

Après 30 ans de métier, Christian Sibilde considère son métier comme un moyen de participer « humblement » à la construction de notre environnement social. En travaillant sur des projets mixtes de grande ampleur, qui génèrent une influence positive sur l’évolution de nos villes, il tente de répondre aux grands défis architecturaux d’aujourd’hui et de demain : les aspects énergie/environnement et les questions stylistiques. « Que deviendront nos bâtiments dans 50 ans ? Comment seront-ils perçus? Les cadres juridiques, financiers et administratifs nous permettront-ils encore de nous exprimer ? » Autant de questions qui le touchent particulièrement et qui le font se dépasser dans son métier. Il cultive un refus de la fatalité et un goût inné pour l’optimisme. Il s’inspire pour cela « de villes harmonieuses où il fait bon vivre comme Bordeaux, Berlin, Paris ou Londres ».

 

  • Catherine Verdood

De formation ingénieur architecte, elle a été, depuis ses débuts dans le métier, guidée vers des fonctions plus techniques. Elle est habituée à établir des dossiers complets, du permis d’urbanisme à la réception définitive en passant par la rédaction des cahiers des charges la mise au point des détails techniques et la coordination technique avec les bureaux d’études et les entreprises. Son expérience, en tant que responsable Qualité, lui a donné l’opportunité de fonctionner avec les différents acteurs de l’art de construire. La coordination des compétences, aussi diverses que les techniques entrant dans la construction, lui ont apporté une sérieuse expérience dans la gestion des spécialistes. Chez DDS & Partners, Catherine s’attelle à constituer des équipes performantes, et ce, dans le but de réaliser des projets plus cohérents. Elle a supervisé la totalité des travaux de la prison de Leuze-en-Hainaut et sa présence sur le chantier a été constante.

 

Place aux artistes et à l’intégration de l’art dans la prison de Leuze

C’est l’architecte Dirk Bigaré (DDS & Partners Architects) qui invita George De Decker à développer une proposition concernant l’intégration de l’art plastique dans le nouvel établissement pénitentiaire de Leuze-en-Hainaut (ouverture en mai 2014, arrivée des 312 détenus à la mi-août).

Il s’agit d’un projet réalisé en collaboration avec Franca Ravet englobant sculptures, tableaux, fresques graphiques et vitraux.

  • George de Decker

Il a conçu une série intitulée « LE BRUIT DE LA PENSÉE », comprenant quatre sculptures réalisées en bronze, bois de noyer, aluminium, cuir et plomb, quatre vitraux et deux tableaux.

La sculpture en bronze placée à l’entrée de cette prison constitue une métaphore de la puissance de l’imagination ou comment l’homme parvient à survivre mentalement. Chose qui s’avère loin d’être évidente pour les détenus livrés à eux-mêmes. Ce qui leur reste - dans leur cocon de solitude imposée - c’est leur voix intérieure.

Les tableaux de même que le grand ensemble de vitraux que De Decker a conçus complètent les quatre sculptures. Ce n’est pas l’homme qui est l’élément central ici, mais bien le paysage - dont l’homme fait partie - la figure verticale des sculptures devient tributaire de l’horizontalité. De Decker ne nous propose pas un univers réaliste qui serait dépourvu d’engagement : au contraire, il aspire le monde extérieur vers ce monde placé derrière des barreaux grâce à une palette de couleurs tempérées très graphiques. Quant à la forme, sa peinture nous offre un pendant aux motifs en grilles de ces barreaux.

  • Franca Ravet

Elle a travaillé notamment sur une série de fresques graphiques de grandes dimensions : "EVOLUTION MEMORIELLE D’UNE TRACE IDENTITAIRE", lesquelles ornent la rotonde centrale du bâtiment.

Cette œuvre est au départ basée sur une seule et unique empreinte graphique identitaire. Témoignage de l’artiste : « Cette empreinte graphique, sorte d’image de résonance magnétique cérébrale, pose entre autres des questions sur la conception, la transmission et l’effacement des informations mémorisées tout au long de nos vies. ».

France Ravet s’explique sur sa démarche : « Le travail que je souhaitais intégrer dans certains lieux de la prison n’est pas centré sur la représentation, mais plutôt sur un état des choses qui se vit dans le ressenti, tout en y intégrant poésie et humour. Il pose question sur l'impression, jouant entre figuration libre et abstraction, ce qui laisse ainsi à chacun le choix de sa lecture personnelle sur la répétition, la reproduction fréquente des mêmes actes durant nos vies, et sur la mémoire, étant donné qu'il s’accomplit au travers des transferts, en donnant plus ou moins d'informations qui feront ressentir l'idée du temps qui passe, tout en apportant plus de connaissances par la réflexion ».

 

Les artistes

George De Decker (°1951) a étudié la peinture à l'Académie des Beaux-Arts d’Anderlecht avec Guy Leclercq. Il a exposé dans les pays les plus divers, a participé à des expositions de groupe et compte un grand nombre d'expositions en solo à son actif. Il a également étudié au Conservatoire royal d’Anvers et de Bruxelles, où il a décroché le premier prix de solfège, piano et harmonie. Il a étudié la composition avec Willem Kersters à Anvers et André Laporte à Bruxelles. Entre 1975 et 1980, il a composé plusieurs œuvres pour l'IPEM à Gand, sous la direction de Lucien Goethals. Lineas y puntos, une œuvre pour grand orchestre et bande magnétique, lui a valu d'être lauréat du concours de composition Tenuto en 1980. Les compositions de De Decker englobent tant des œuvres pour solistes (le plus souvent avec une bande-son) que pour des orchestres symphoniques. Il a par ailleurs composé pour diverses disciplines : le cinéma et la télévision (séries dramatiques, documentaires artistiques, notamment pour la VRT), le théâtre et la danse.

En mai 2013 George De Decker gagne Music for Car Parks! (Concertgebouw Brugge). Le jury a choisi résolument la création de George De Decker : Avec le bruit d'un vol d'oiseaux de nuit qui passe. « Les membres du jury ont été surpris et intrigués par le paysage sonore intimiste de George De Decker. Sa Music for Car Parks est une succession captivante de sonorités qui stimulent l’esprit et de phrases musicales qui y restent imprimées. Évitant les clichés, ce soundscape plein d’imagination intègre à merveille la particularité spatiale du parking, entre dedans et dehors. »

 

Franca Ravet

Formation:

Humanités Artistiques A Izel

Graduat Arts Plastiques A St. Luc Liège

Concours :

Médaille D'or Concours Des Trois Arts A Bouillon

Prix Du Public, Parcours D’artistes St Gilles 2000, 2002,2004

1e Prix Du Jury « Salon Des Artistes De L’an 2000 » Belgique

Jury D’arts Plastiques « Salon De Mai 2004 »

Jury « Dessin/Peinture » Académie Des Beaux-Arts De Watermael-Boitsfort, 2007.

Collections :

Iskandar Safa, Privé Et Musée

Monique Dorsel Et Émile Lanc

Ambassade Du Japon Bxl

Ministere De La Région De Bxl Capitale

Unice/Businesseurope

Musée d’Art Contemporain De Virton

Fondation John Cluysenaar

EXPOSITIONS:

FRANCE (Sedan, Vence, Lille, Strasbourg, Toulouse, Nice)

BELGIQUE (St. Mard, Bruxelles. Virton, Glabais, Knokke-Zoute, Namur, Noville-Sur-Mehaigne, Leuven, Arlon, Gand, Hasselt, Liège et Musée D’art Moderne Et D’art Contemporain "Cardiogramme" Liège.)

LUXEMBOURG (Differdange)

SUISSE (Lausanne, Vevey, Martigny, Verbier)

HOLLANDE (La Haye, Maastricht)

PORTUGAL (Estoril, Lisboa)

CHINE (Shanghai)

USA (Miami Beach)

UK (London)

 

 

Attention, les photos doivent être créditées au nom de Marc Detiff.

D'avance, merci.